Historique du 5e escadron du 2e régiment de dragons (1806 - 2012)

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Historique du 5e escadron du 2e régiment de dragons (1806 - 2012)

 

Préambule

Les régiments de dragons se composaient traditionnellement depuis leur création sous l'Ancien Régime de 4 escadrons. Au fil des différentes évolutions de l'Arme Blindée Cavalerie, un « 5e escadron » de dépôt ou de réserve apparaît sous l'Ancien Régime jusqu'à la fin de la 1ère Guerre Mondiale. Ce « 5e escadron », sans son numéro, est en fait l'Escadron de Commandement et de Logistique (E.C.L) ou de Soutien (E.C.S) pendant l'entre deux guerres. Pendant la campagne de Libération 1944-45, le régiment passe en modèle U.S. à 3 escadrons en plus de l'E.C.S. Dans cette configuration un « 5e escadron », l'escadron d'instruction, prend traditionnellement le « n°11 ».

 

 


 Du 1er Empire à la Guerre de 1870

1La première mention d'un escadron « n°5 » pour le 2e régiment de dragons date des années 1806-1809 à l’apogée du 1er Empire. Il participe aux glorieuses campagnes de Prusse 1806 (bataille d’Iéna) et de Pologne 1807 (bataille d'Eylau et de Friedland).

 Mais c'est en Espagne que les dragons sont le plus employés, tout d'abord contre l'insurrection sous les ordres du maréchal Lannes au siège de Saragosse et lors de la bataille de Tuleda en 1808.

Dans la campagne d'Andalousie de 1809 le maréchal Victor utilise au mieux les qualités de la division de dragons de Latour-Maubour au sein de laquelle le 2e régiment de dragons commandé par le colonel ISMERT défait 2 armées espagnoles, d'abord à Uclès et surtout à Medellin, dont la victoire est due aux charges du colonel ISMERT. A Talavera, les anglais du Duc de Wellington repoussent l'assaut mal engagé du nouveau roi d'Espagne Joseph Bonaparte. La dernière affaire du 5e escadron sous le Premier Empire a lieu à Ocana ou le maréchal Soult bat les espagnoles. En 1809, le régiment repasse à 4 escadrons.

 Il faut attendre la réorganisation de l'armée dans les années 1840-1841 pour voir réapparaître le 5e escadron. Il prend garnison à Lyon, Thionville, Longwy et Metz. Il est engagé au sein du IIIe Corps de Bazaine pendant la guerre de 1870. Il tentera sans résultat de percer l'encerclement de Metz où il capitulera.


 


 

Première Guerre Mondiale (1914-1916)

Au début de la Première Guerre les escadrons de dragons de réserve sont réactivés au sein des divisions d'infanterie de réserve (2 par division). Les 5e et 6e escadrons de réserve forment le groupe de cavalerie de la 74ème Division d’Infanterie de Réserve (DIR). Le régiment était en garnison à Lyon, ses 4 escadrons d'active rejoignent pour leur part la 6e division de cavalerie qui s'illustrera dans la bataille d'Ypres (étendard du régiment).

 A la mi-août 1914, La 74e DIR rejoint la IIème Armée De Castelnau en Lorraine pour renforcer le 16ème corps. Les missions du groupe des 5e et 6e escadrons sont la reconnaissance et la liaison. Ce groupe est commandé par le lieutenant-colonel CHAMPION. Le capitaine SCIAUX est à la tête du 5e escadron lors de la bataille de La Mortagne (rivière entre la Meurthe et la Moselle au sud-est de Lunéville) aussi appelé bataille de la Trouée de Charmes les 24 et 25 août 1914.2

Le groupe participe à l'arrêt des troupes du Kronprinz de Bavière en révélant par ses reconnaissances l'axe d'attaque de l'ennemi. Cette action permet à l'Armée De Castelnau d'éviter l'encerclement par le sud de toute notre armée. La poursuite s'engage et le 29 août le lieutenant-colonel CHAMPION est mortellement blessé par un tir d'artillerie (12 dragons hors de combat) lors de la tentative de prise de la Ferme de Hongrie dans la clairière de Fraimbois. Le capitaine SCIAUX prend alors le commandement du groupe et le capitaine LEPANTE du 5e escadron. Pendant la bataille de la Marne (3 au 13 septembre), la VIème Armée bavaroise en présence du Kaiser Guillaume II, tente un dernier effort pour s'emparer de Nancy-Toul dans la bataille de la Grande Couronne (hauteurs à l'est de Nancy), le groupe du 5/6 escadron se distingue une nouvelle fois sur la Mortagne en couvrant les fantassins de la division à Gerbéviller.

Ces faits d'armes d'août-sept 1914 du groupe d'escadron de réserve du 2e Dragons lors de la bataille de la MORTAGNE sont inscrits en lettres d’or sur l’étendard du régiment : LA MORTAGNE 1914.

 

         Le groupe des 5e / 6e escadrons de réserve s'enterre rapidement dans les premières tranchés à l'est de Lunéville dans le secteur d'Emberménil où il participe à la relève des points d'appui comme des unités d'infanterie jusqu'à la lettre n°18872 du GQG en date du 31/12/1915 qui supprime les escadrons de dragons de réserves. Les cadres et soldats engagés peuvent rester dans la cavalerie et sont versés dans divers régiments mais pas nécessairement au 2e RD. Le 8 janvier 1916 les 2/3 des appelés des classes plus jeunes sont versés dans l'infanterie pour être mutés à la 39e DI dans les compagnies de mitrailleuses du 156e régiment d’infanterie. Ils seront rapidement engagés sur le front de Verdun, le dernier tiers est versé dans l'artillerie.

 


 Deuxième Guerre Mondiale (1939-1940)

3En garnison à l'Ecole de Guerre de Paris à la mobilisation, le 2e bataillon de dragons portés (2e BDP) est envoyé en Lorraine rejoindre la 13e brigade légère motorisée. Le 2e BDP devient le 2e régiment de dragons portés (2 R.D.P.) en décembre 1939 : le 5e escadron de fusillés motorisés est créé et intègre le 2e bataillon qui se compose également d'un escadron mixte de reconnaissance et de motocyclettes et d'un escadron d'automitrailleuses AMR. Le 2e RDP est endivisionné à la 3e Division Légère de Cavalerie et est positionné sur la frontière luxembourgeoise (Villerupt) au 10 mai 1940.

 

Commandé par le lieutenant MONTILLE le 5e escadron de fusiliers-voltigeurs brillera lors de la campagne de France en appuyant la 4e division cuirassée de réserve (DCR) du colonel de Gaulle lors de la contre-offensive de Montcornet le 17 mai 1940. Prenant de plein fouet l'offensive allemande sur la Somme début juin, il ralentira la 7e PzD de Rommel en offrant une belle résistance pour y interdire le passage de la Seine. Dans l'Orne, le lieutenant MONTILLE offre un dernier combat avec son 5e escadron : il permet au régiment de se dégager de l'encerclement qui l'attend en tirant toutes ses dernières cartouches et grenades avant de se replier vers Laval.

 

 


 AFN (1959-1961)

4Il faut attendre le conflit nord-africain pour revoir apparaître le 5e escadron au 2e RD de 1959 à 1961. En effet, en garnison en Allemagne à Stetten, le 2e RD est monté sur AMX13 et sa composition n'est pas adaptée au terrain nord-africain. Le régiment débute le conflit dans la région de l'algérois comme un bataillon d'infanterie à pieds. Puis il est engagé principalement sur les barrages à la frontière algéro-tunisienne (région de Négrine) de 1959 à 1961, le 5e escadron est alors reconstitué pour le reste du conflit en escadron porté (jeep, camion dodge, automitrailleuses M8 et Ferret, AMX13). Il livre de rudes combats contre l'infiltration des rebelles dans les postes avancés du Sahara à la Négrine et dans les montagnes de la Medjerda autour de Souk Ahras puis du Kouif. De retour en métropole il prend garnison à Haguenau et le 2e RD reprend sa composition originelle : le 5e escadron est dissous.


  


Guerre Froide (1978-1984)

5En juillet 1978 le 2e RD composé de 3 escadrons de combat et d'un Escadron de Commandement et de Soutien se voit renforcé d'un 5e escadron porté monté sur AMX VTT puis sur AMX 10P. Il a pour mission la protection rapproché des escadrons d'AMX 30 (combat localité, défense de points de recomplètement). Le 5e escadron est dissous suite à la modernisation des régiments blindés en 1984 : les 3 escadrons d'AMX 30 sont renforcés et le régiment quitte l'Alsace pour Laon-Couvron.

 

 

 

 


 

 La réserve opérationnelle (depuis 1998)

6En 1997, le régiment s'installe à Fontevraud. A l'automne 1998, l'escadron reçoit ses premières affectations de réservistes majoritairement issues de la dissolution du 137e régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte en Vendée. En janvier 1999, le chef de corps du 2e RD, le colonel BEAUSSANT, crée l'Unité de Réserve en Régiment Professionnel (URRP). Le 5e escadron devient l'unité de réserve du régiment et le CDC remet son fanion au capitaine KLEIJWEGT. En juillet, l'adjudant-chef MORIN a été le 1er réserviste décoré de la médaille des Services Militaires Volontaires échelon bronze lors d’une cérémonie des grandes couleurs du régiment.

 

En 2003 le 5e escadron change d'appellation et devient une Unité d'Intervention de Réserve (UIR). L'année suivante lors de l'opération « LICORNE » en Côte-d'Ivoire, les brigadiers BOUCHER et DEROOST intègrent comme complément individuel le 2e régiment infanterie de marine et le 515e régiment du train. Ils sont présents lorsque les forces aériennes gouvernementales ivoiriennes bombardent la base de Bouaké (9 soldats français tués).

 

 Le 1er juillet 2005, le 2e RD rend ses chars Leclerc et devient le régiment de défense Nucléaire Biologique et Chimique de l’armée de terre.

En juin 2011, sous l'impulsion des Chefs de corps les colonels LEFEBVRE et GIOT et du chef d'escadron SEGUIN, l’officier adjoint réserve du régiment, le 5e escadron commandé par le capitaine LE ROUX fusionne avec le 6e escadron commandé par le capitaine NIKOLOV, l'Unité Spécialisée de Réserve (USR) du régiment. Le 6e escadron est dissous et le 5e escadron devient l’USR composée à 4 pelotons qui possèdent la double spécialité Proterre et décontamination NBC.

 

Depuis 2010 des éléments du 5 sont engagés lors de missions intérieures (Vigipirates) dans les gares et aérogares de la métropole.

 


 

 

Les campagnes et opérations du 5ème escadron :

 

Campagne de Prusse 1806 - IENA

Campagne de Pologne 1807 - EYLAU, FRIEDLAND

Insurrection espagnole 1808 - SARAGOSSE, TULEDA

Campagne d'Andalousie 1809 - UCLES, MEDELLIN, TALAVERA, OCANA

Campagne de 1870 - METZ

Campagne de Lorraine 1914 - LA MORTAGNE, LA TROUÉE DE CHARMES,
LE GRAND COURONNÉ

Campagne de France 1940 - VILLERUPT, MONCORNET, LA SOMME,
SAINT PIERRE DU VAUVRAY, CARROUGES

Campagne d'Afrique du Nord 1959-1961 - LES BARRAGES (SOUK AHRAS,
LA MEDJERDA, LE KOUIF), LE SAHARA (NEGRINE)

Opération Licorne 2004 - BOUAKÉ

Vigipirate 2011-2012 - LYON, LILLE

Hephaistos 2013 - Corse

 


 

Les commandants successifs de 1999 à 2012 (URRP/UIR/USR) :

 

1999 à 2000 CNE KLEIJWEGT
2000 à 2001 CNE JEANNIARD DU DOT
2001 à 2004 CNE LALERE
2004 à 2005 CNE BRELET
2005 à 2008 CNE SEGUIN
2008 à 2011 CNE LE ROUX
2011 à 2013
CNE BLANC
2013 à 2016
CNE ......
2016...
CNE

 

 


 

 

Crédit photos :

Page 1 - http://www.napoleon-series.org/ - (Cavalier du 2e dragon).

Page 2 – http://membres.multimania.fr/chuchote/cheval/ut_pguerre/pguerre.html

Page 3 – IIe G.M : www.ww2incolor.com – ECPA (Jonction à Autun le 14 septembre 1944 entre l'escadron de reconnaissance du 2e régiment de Dragons et du 86e escadron de cavalerie (reconnaissance) américain de la 6e division US. (scène reconstituée pour la presse).
AFN : Maréchal des Logis Gérard Faré) - ECPA (Le 2e régiment de Dragons (2e RD) dans la région de Négrine (1959-1961).

Page 4 - http://www.bataillonsdechasseurs.fr/hbcpm.htm - (AMX 13 VTT T 20).
http://www.5escadron-2rd-nbc.fr/ - Site non officiel du 5e escadron du 2e RD.